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Excès d'eau et grandes cultures : la sinistralité 2024

5 min de lectureSols & secteurs
Excès d'eau et grandes cultures : la sinistralité 2024

Sans avancer de statistique propre à l'Yonne, faute de donnée départementale fiable disponible, il est utile de regarder ce que montre, au niveau national, le bilan 2024 d'un grand assureur agricole sur le poids de l'excès d'eau. Ces chiffres donnent un ordre de grandeur du phénomène à l'échelle du pays, pas une mesure locale.

Un chiffre national, à ne jamais confondre avec une donnée régionale

Les chiffres présentés ici proviennent du bilan 2024 de Groupama, premier assureur agricole français, rendu public début 2025. Ce sont des chiffres nationaux, portant sur l'ensemble du portefeuille assuré par ce groupe sur le territoire français. Ils ne mesurent en rien la situation de l'Yonne ou de la Bourgogne-Franche-Comté en particulier, faute de données départementales sourcées disponibles à ce jour. Ils donnent néanmoins une indication utile sur l'ampleur que peut prendre l'excès d'eau comme aléa climatique une année donnée.

Le coût de l'aléa excès d'eau en 2024

Selon ce bilan, l'excès d'eau a été l'aléa climatique principal de l'année 2024 pour cet assureur : il est présenté comme responsable de plus de la moitié des pertes indemnisées, avec près d'un hectare sur deux déclaré sinistré, pour une charge de 137 millions d'euros, soit environ dix fois plus qu'en 2023. Ce chiffre porte spécifiquement sur le poste excès d'eau, à l'échelle nationale.

Champ de grandes cultures avec zones d'eau stagnante après un épisode pluvieux, vue d'ensemble

La part des grandes cultures dans l'ensemble des sinistres climatiques

Un second chiffre, distinct du précédent, mérite d'être présenté séparément : sur l'ensemble des sinistres climatiques 2024 de cet assureur, tous aléas confondus (excès d'eau, grêle, gel), les grandes cultures représentent la filière la plus touchée, avec 94 % des charges, devant la viticulture et l'arboriculture. Ce chiffre de 94 % qualifie l'ensemble des sinistres climatiques de l'année, pas le seul poste excès d'eau évoqué plus haut : les deux chiffres ne doivent jamais être additionnés ni confondus, ils répondent à deux questions différentes du même bilan.

Une année marquée aussi par une pluviométrie nationale excédentaire

Ce bilan de sinistralité 2024 s'inscrit dans un contexte plus large : au niveau national, Météo-France a résumé l'année en ces termes : « L'année 2024 a été excédentaire d'environ 15 %, et se classe parmi les 10 années les plus pluvieuses depuis 1959. » Cette donnée, elle aussi nationale, aide à replacer le bilan de sinistralité dans son contexte climatique de l'année, sans pour autant permettre de conclure quoi que ce soit sur la pluviométrie propre à l'Yonne, qui n'a pas fait l'objet d'une mesure départementale sourcée disponible à ce jour.

Ce que ces chiffres nationaux suggèrent, sans généraliser à l'Yonne

Pris ensemble, ces deux chiffres nationaux indiquent que l'excès d'eau a pesé fortement dans la sinistralité climatique 2024, et que les grandes cultures figurent parmi les filières les plus exposées aux aléas climatiques de manière générale. Ils ne permettent pas, en revanche, de conclure quoi que ce soit sur la fréquence ou l'intensité du phénomène spécifiquement dans l'Yonne : c'est un signal national à interpréter avec prudence à l'échelle d'une exploitation ou d'un département.

Pourquoi ce type de bilan revient régulièrement dans l'actualité agricole

Les bilans annuels de sinistralité climatique, publiés par les principaux assureurs agricoles, sont suivis avec attention par la profession parce qu'ils donnent une photographie chiffrée d'une réalité que chaque exploitant perçoit d'abord de façon empirique, à l'échelle de sa propre exploitation. Ils ne se substituent pas à cette observation directe, mais ils confirment, au niveau national, une tendance que beaucoup d'exploitants de grandes cultures constatent déjà sur leurs propres parcelles au fil des campagnes les plus humides.

Ce que cela change, ou pas, à l'échelle d'une exploitation

Un chiffre national, aussi marquant soit-il, ne remplace jamais l'observation directe d'une parcelle. Une exploitation de l'Yonne peut avoir été peu affectée en 2024 tout en présentant, sur une parcelle précise, un problème de ressuyage ancien et indépendant de la conjoncture d'une année donnée. À l'inverse, une année climatique difficile au niveau national peut révéler, sur une parcelle jusque-là jugée sans problème, une fragilité qui restait invisible en année normale. Dans les deux cas, c'est l'observation propre à la parcelle, pas la statistique nationale, qui doit guider la décision.

Un bilan qui concerne un assureur, pas l'ensemble du secteur

Ce bilan reflète le portefeuille assuré d'un seul groupe, même s'il s'agit du premier assureur agricole français. Il donne un signal fort mais partiel : d'autres exploitations, assurées ailleurs ou non assurées pour ce risque, ne figurent pas dans ce chiffre. C'est une nuance supplémentaire à garder en tête avant de généraliser ce bilan à l'ensemble de la sinistralité agricole nationale de l'année.

Pourquoi la prudence méthodologique compte

Un bilan chiffré, même sérieux et bien sourcé, peut être mal utilisé s'il est simplifié ou mal cité. C'est pour cette raison que ce site distingue systématiquement les deux chiffres présentés ici, leur périmètre exact et leur millésime, plutôt que de les résumer en une formule accrocheuse mais imprécise. Cette rigueur de présentation vaut pour l'ensemble des faits chiffrés utilisés sur ce site, pas uniquement pour ce bilan de sinistralité.

Ce qu'il faut retenir

Le bilan 2024 d'un assureur agricole national situe l'excès d'eau comme aléa climatique principal de l'année, pour une charge de 137 millions d'euros au niveau national. Les grandes cultures représentent, sur ce même bilan mais toutes causes climatiques confondues, 94 % des sinistres indemnisés. Deux chiffres nationaux distincts, à ne jamais fusionner, et à ne jamais présenter comme une donnée propre à l'Yonne.

Source : conférence de presse agricole Groupama 2025.

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FAQ

Questions fréquentes

Ces chiffres concernent-ils spécifiquement l'Yonne ?

Non. Ce sont des chiffres nationaux, issus du bilan 2024 d'un assureur agricole. Aucune donnée chiffrée propre à l'Yonne ou à la Bourgogne-Franche-Comté n'est disponible à ce jour de façon fiable et sourcée.

Le chiffre de 94 % porte-t-il uniquement sur les sinistres liés à l'excès d'eau ?

Non, et c'est un point de vigilance important. Ce chiffre porte sur l'ensemble des sinistres climatiques 2024 de l'assureur cité (excès d'eau, grêle, gel confondus), pas sur le seul poste excès d'eau.

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